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Le blogue mitoyen (26 mai 2010)

Déposé par dans octobre 29, 2010 – 11:55 Pas de commentaire

Blogue mitoyen: Le Salon du livre anarchiste de Montréal 2010

Article original ICI.

C’est tout de même un peu inquiet que je guettais l’arrivée de Jaggi Singh, organisateur du Festival de l’anarchie depuis plus de dix ans. Les mains moites, assis dans l’un des vieux divans du Quebec Public Interest Research Group at Concordia (QPIRG Concordia), je regardais les nombreuses affiches  qui parsemaient les murs. «Personne n’est illégal». «Un statut pour tou(te)s!». «Homes NOT Colonies». Ayant lu la très fournie revue de presse concernant M. Singh avant de me présenter à l’entrevue, je n’ai pu m’empêcher de constater que l’homme en question avait sans doute été emprisonné autant de fois que j’étais allé chez le dentiste. Et j’y étais allé souvent, là n’était pas la question.

Salon du livre anarchiste 2010

Mais mes inquiétudes se sont rapidement avérées infondées. Jaggi Singh est un homme passionné, humble, conciliant et particulièrement accessible. À peine arrivé, il me montrait déjà le tableau quasi-incompréhensible où se juxtaposaient les ateliers et les activités prévus dans le cadre du Salon du livre anarchiste de Montréal 2010. Il avait eu une grosse journée. «Et pas terminée en plus! Il faut encore que je mette plein d’information sur le site du Salon…» C’est dans un français cassé, mais toujours riche et coloré que M. Singh m’exprimait l’importance de la mission poursuivie par le Salon depuis ses débuts : susciter un intérêt, encourager le respect et l’identification face aux différents mouvements anarchistes. «L’anarchie n’est pas marginale. Quand on vit en société, nécessairement on a des critiques contre l’État, contre l’ordre établi. L’anarchie, elle est dans le quotidien des gens.»

Cette année, pour sa 11e édition, le Salon du livre anarchiste de Montréal aura lieu les samedi et dimanche 29 et 30 mai 2010, entre 10 h et 17 h. L’événement, qui se déroulera au centre communautaire CEDA (2515 Delisle, métro Lionel-Groulx), est gratuit et accueillera quelque 150 vendeurs-deuses, éditeurs-trices et groupes de partout à Montréal, au Québec, en Amérique du Nord et ailleurs pour démystifier l’anarchie, en faire la promotion. «L’anarchie – comme n’importe quel sujet – est souvent traitée dans les médias de manière sensationnaliste. Tout ce qu’on amène généralement, ce sont des préjugés. Pour les défaire, je crois que l’organisation d’événements communautaires est la meilleure façon.» Des événements un peu comme le Salon du livre anarchiste. Ou comme le Festival international de théâtre anarchiste de Montréal, qui s’était approprié la Sala Rossa les 18 et 19 mai derniers.

Au Salon, les visiteurs n’auront pas droit qu’à des kiosques. Pour répondre à la mission pédagogique de l’événement, une vingtaine d’ateliers et de présentations sur l’anarchie auront lieu. Dans la liste, M. Singh en souligne quelques-uns pour les néophytes : «Il y aura de très bons ateliers d’introduction à l’anarchisme, en français et en anglais.» Parmi ceux-ci, il relève tout particulièrement «Sur les traces de l’anarchisme au Québec», donné par Mathieu Houle-Courcelles, dimanche à 13 h.

L’art tiendra aussi une place importante dans le Salon. «Avec l’art, il y a l’ambiguïté. Est-ce qu’il faut vraiment être un artiste qui s’autoproclame anarchiste pour faire de l’art anarchiste?» C’est en raison même de cette ambiguïté que l’interaction artistique est prisée à ce point au Salon du livre anarchiste de Montréal : en permettant l’expression d’anciens et de nouveaux artistes, elle permet la réflexion, l’approfondissement de l’idée d’anarchie.

«Pour cette édition encore, l’objectif n’est pas seulement d’aller chercher les gens qui participent ouvertement à des mouvements, mais surtout ceux qui ne s’autoproclament pas anarchistes.» D’où toute la hâte qu’avait M. Singh à inscrire les nouvelles informations sur le site du Salon et sur le groupe Facebook. «Parce que peut-être qu’un atelier ou un kiosque en particulier intéressera quelqu’un qui ne serait pas venu s’il n’avait pas su.» De plus, un porte-à-porte dans le quartier Petite-Bourgogne sera fait cette semaine.

Constatant la mise sur pied d’un service de garde durant l’événement, j’ai demandé si beaucoup de familles se présentaient au rendez-vous. Placidement M. Singh a laissé glisser un : «Oui.» Après une pause, il a conclu. «On attire une grande variété de gens différents au Salon du livre. Il y a des francophones et des anglophones, et les gens sont de tous âges.» Il a ensuite raconté l’anecdote de cette femme qu’il croisait souvent derrière le comptoir d’un Tim Hortons, et qui un jour a eu l’audace de l’aborder en lui disant qu’elle le croisait dans beaucoup de rassemblements.

À l’extérieur des activités promues dans le cadre du Festival de l’anarchie et du Salon du livre anarchiste de Montréal, où les gens peuvent-ils s’informer et participer au mouvement? «C’est dans les luttes et les rassemblements qu’on peut s’impliquer.» Pour s’informer, M. Singh suggère une visite à la librairie L’Insoumise, qui compte sur ses rayons près de 3000 titres liés à l’histoire sociale et à diverses tendances du mouvement libertaire (2033, boulevard Saint-Laurent).

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